Tribune sur la gouvernance des câbles sous-marins (Le Monde)

Tribune. Le Monde.  Le succès d’Internet n’aurait pas été possible sans le vaste réseau de câbles sous-marins qui étendent leur empire au fond des océans, sur plus d’un million de kilomètres, y véhiculant 99 % du trafic intercontinental de données et près de 10 000 milliards de dollars (8 000 milliards d’euros) de transactions quotidiennes. Dans la plus grande opacité, quelques entreprises de télécommunication et de géants du Web en contrôlent la concep­tion, le déploiement et l’exploitation, profitant de leur position dominante.

Les conséquences de cette  technologique sont économiquement dévastatrices et politiquement liberticides. L’inégalité d’accès à la bande passante internationale, sensible dans les régions les plus éloignées des centres d’interconnexion, se double d’un sentiment de suspicion généralisée, les données transitant par ces voies étant étroitement surveillées.

Texte complet disponible ici: Internet _ « Les câbles sous-marins doivent devenir un outil démocratique au service du plus grand nombre »

« Il faut dompter les géants des mers ! »

 

 

Les enjeux géopolitiques des cables sous-marins: le cas emblématique du Brésil

Lors de la conférence #Rightscon 2017 à Bruxelles, Florence Poznanski, directrice d’Internet Sans Frontières-Brésil et Jonas Valente, membre de l’ONG brésilienne Intervozes, co-organisaient un panel sur les câbles sous-marins et les coûts d’inter-connectivité en Amérique Latine et en Afrique. La discussion est partie du projet de câble sous-marinELLALINK qui doit relier prochainement l’Amérique Latine à l’Europe pour contourner les États-Unis, qui contrôlent la quasi-totalité des autoroutes du Web et des consortiums qui en gèrent le trafic. Y participaient Félix Blanc, en charge des Institutions et Politiques Publiques à Internet Sans Frontières, Loretta Anania, du Next Generation Internet Center de la Commission Européenne et Laura Tresca, d’Article 19-Brésil.

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Montesquieu et l’infamie de l’espionage à l’ère d’Edward Snowden

Lors de ma participation au congrès annuel d’Euro-ISME au Innere Führung Zentrum de Koblenz, en mai 2014, j’ai pu discuter longuement avec George R. Lucas, professeur d’éthique et de politique publique à la Graduate School of Public Policy de la Naval Postgraduate School de Monterey, en Californie, qui proposait une justification morale de l’utilisation de PRISM, l’un des programmes de surveillance les plus sophistiqués révélé par Edward Snowden en juin 2013. A l’occasion de l’anniversaire de ces révélations, je publiai avec Internet Sans Frontières une analyse des propositions de George R. Lucas en lui objectant une série d’arguments qui visent à restaurer une défense adéquate de la vie privée fondamentale du citoyen.

NSA Spying Hoodie in front of the UN par frederic.jacobs sur Flickr (CC BY 2.0)
NSA Spying Hoodie in front of the UN par frederic.jacobs sur Flickr (CC BY 2.0)

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