Leveraging Humanitarian Law and Military Ethics as a hybrid warfare strategy

Résumé d’un papier présenté avec Stephanie Lamy à la Euro-ISME Annual Conference 2017 Royal Military Academy, Bruxelles, Belgique, 30 May – 2 June 2017 « Is restraint in war essential for a lasting peace?

« For the past six years, Syria and its allies have been waging a war on civilians and the civil society initiatives which emerged before and during the conflict. Described as “new wars” (Kaldor), this form of hybrid warfare combines state and non-state actors and blurs the traditional distinction not only  between combatants and noncombatants of Just War theory (McMahan) but also opens up new theaters of operations, using kinetic, economic and cognitive tactics. It is massively lethal to the population and underscores paradigm shifts for Military Ethics. By pushing back the limits of what horrors are ethically acceptable, the regime coalition forces (Russia, Iran, Syria) forced the United Nations to create a hierarchy of war crimes. The forced displacement seemed preferable to the possible massacre of the entire East Aleppo population. Imposing this compromise in humanitarian values undermines the legitimacy of the United Nations in the peace process as well as the very framework of Jus post bellum.

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Hacking the Syria Peace Process, a European imperative

Pour le lancement de l’ONG Danaïdes fondée en 2017 avec Stéphanie Lamy, nous publions une analyse du conflit syrien, ainsi que des recommandations à destination de l’Union Européenne et de ses États membres.

« Faced with increasing Russian aggression and American nationalism, the European Union needs to forge a strategy which fathoms in the parameters of hybrid warfare in the civil society landscape – not by engaging in a similarly subversive offensive which would only weaponise CSOs further, creating more chaos and sustaining the conflict – but by developing a distributed system of aid delivery which preserves the neutrality and independence of civil society. Integrating such a tool into the EEAS Global Strategy might help the European Union strike the right balance between guaranteeing the Syrian people ownership of the peace process, and flexing its own diplomatic strength. »

Hacking the Syria Peace Process, a European imperative

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La théorie de l’agression en droit international

En janvier 2012, le Ministère de la Défense finançait ma participation au Congrès annuel de l’International Society for Military Ethics qui se tenait à l’Université de San Diego aux États-Unis. J’y présentai un papier sur l’intervention militaire de l’OTAN en Libye, terminée depuis quelques mois seulement. La résolution 1973 l’avait justifiée en mars 2011 au nom de la « Responsabilité de Protéger », à un moment où Kadhafi menaçait la population civile de sévères répressions militaires en représailles à son soulèvement. En repartant de la théorie de l’agression décrite par Michael Walzer dans Guerres justes et injustes, je propose dans ce texte une analyse des cas problématiques que posent des guerres déclenchées dans un moment où la menace d’une agression paraît « imminente ». Identifier les critères d’une menace suffisamment caractérisée est une véritable gageure en droit international. Cette incertitude pèse parfois sur les puissances qui cherchent à légitimer l’usage de la force armée par légitime défense ou pour protéger les populations civiles d’un pays tiers. La guerre des 6 jours a soulevé en 1967 des débats sur la légitimité des mesures prises par l’armée israélienne pour empêcher une attaque imminente. De la même façon, la France et la Grande-Bretagne sont intervenues en Libye pour prévenir un massacre « imminent » des populations civiles de Benghazi, ce qui n’a pas manqué d’entraîner un débat sur la proportionnalité de la réponse militaire.  Or, les critères pour juger du degré de menace suffisant pour autoriser une intervention militaire étaient déjà régulièrement débattus depuis une dizaine d’années. La guerre en Irak de 2003 a ainsi soulevé une série de controverses autour de la doctrine de la guerre préventive. L’identification des critères pertinents pour évaluer une menace – sur son propre pays, sur l’ordre international ou sur une population civile – est un défi considérable pour la pensée stratégique comme pour la théorie de la guerre juste. Pour le relever avec prudence, il faut faire appel aux talents de l’historien, du stratège et du chef d’État…sans oublier le sens commun, dont Aristote avait montré toute l’importance pour évaluer la réalité d’une menace en cas d’attaques « ennemies ».

[Article publié initialement par Cynthia Salloum et Benjamin Brice dans Penser la violence collective, Nuvis, 2012.]

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