Connecting Europe to Latin America: a revolution in Internet governance? (DiploFoundation)

Brazil is about to welcome a new submarine cable linking Latin America to Europe: ELLALINK. In addition to strengthening digital inclusion on the continent and reducing access costs, ELLALINK may offer an innovative model of governance that will protect Internet global infrastructures as common goods, thanks to the allocation of indefeasible access rights to non-commercial backbone providers. Before the activation of ELLALINK (probably in 2019), it is time for Brazilian and world civil society to take this unique opportunity to promote an alternative model of Internet governance and resist the growing pressure coming from the commercial sector in Brazil.

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La réforme de l’article 35 de la Constitution de 1958

Ce texte est issu d’une journée de réflexion organisée le 24 novembre 2011 par l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire:  Les engagements stratégiques français. Nouveaux regards. Éléments de réflexion pour l’actualisation du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. Il a été publié dans le Laboratoire de l’IRSEM (n°2, p.71-76) et mis en ligne sur www.irsem.defense.gouv.fr/. En janvier 2013, l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès a accepté d’en faire une relecture critique et a amendé les propositions de réforme institutionnelle du texte original. Cet essai sera repris dans un article plus ambitieux sur l’évolution de l’organisation des pouvoirs diplomatiques et militaires dans la Constitution de 1958. Lire la suite

Salut Big Brother, tu veux planer un peu ? un drone, t’en veux !

L’année 2012 était sans aucun doute placée sous le signe des drones dont les turbulences ont envahi nos cieux médiatiques. Si ces étranges volatiles se sont illustrés pendant dix ans par leur confidentialité, ils n’ont pas échappé aux populations pakistanaises et yéménites,  dont les manifestations massives, ces derniers mois, ont certainement surpris les stratèges de l’armée américaine. Il est peu de règles que les drones n’ont pas encore violées: droit des conflits armés, charte des Nations Unies, Constitution américaine, autant de normes encadrant l’usage des forces armées que ces engins furtifs contournent aisément, avec le soutien du président de la plus grande démocratie du monde: Barack Obama.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Grisés par leur tournée sur les théâtres de guerre américains, les célestes bolides s’apprêtent à déployer leurs ailes dans nos contrées pour surveiller nos frontières, toiser nos territoires et sélectionner nos vignobles. La région de Bordeaux sera d’ailleurs le fer de lance d’un vaste programme de drones polyvalents, lancés tous azimuts, et bénéficiant d’une première mondiale: l’autorisation de vol, par les autorités française, au printemps dernier.[1] La France est donc en pointe en ce domaine, coiffant au poteau la Federal Aviation Agency  qui ne prévoit pas un tel exploit réglementaire avant 2015 ! Si vous voulez surveiller vos voisins, espionner la Garden Party de l’Élysée et profiter des blagues de notre président en avant-première, rien de plus simple, il vous suffit désormais de vous doter d’un UAV (pour Unmanned Aerial Vehicle), et de vous installer confortablement dans votre salon, devant votre écran plasma dernier cri, muni de votre télécommande aérienne. Apprenti sorcier du journaliste paparazzi, à vos manettes !

Une nouveauté dans le ciel français? Pas vraiment. Depuis les premiers vols de six drones SDTI (système de drone tactique intérimaire) au Kosovo en 2007, l’armée française n’a cessé de prendre goût à ces mouchards hors paires, dont les caméras embarquées ont traqué Mouammar Kadhafi jusque dans ses derniers retranchements. Officiellement, la France s’en est sagement tenue à soutenir l’effort de guerre de l’OTAN dans plusieurs régions du monde, en laissant aux américains, noblesse oblige, le privilège de tirer les premiers. Aussi a-t-il fallu attendre le 2 décembre 2012 pour voir le premier drone franco-européen de combat parader au-dessus d’Istres, vol dont il n’a certainement pas profité pour évaluer la pollution des industries pétrochimiques installées au bord de l’étang de Berre depuis des décennies. Mais l’armée a-t-elle vraiment attendu ce jour historique pour faire usage de ces armes de guerre sur le territoire de la République? Il suffit de demander aux habitants de Villiers-le-Bel pour s’apercevoir du contraire. Au moment même où Dassault confiait avec satisfaction ses derniers joujoux à la KFOR, la police française projetait l’emploi de ces armes dernier cri pour surveiller les cités turbulentes de la banlieue parisienne.[2] L’organisation des insurgés dionysiens a surpris des forces de police qui ont alors envisagé sérieusement l’utilisation des drones pour surveiller les toits d’immeuble sans en alerter les occupants.[3] Le programme ELSA, lancé en 2007 par Michèle Alliot-Marie, avait précisément pour but d’offrir aux forces de police des moyens inédits pour accéder aux territoires invisibles autrement. Ce programme avait alors suscité la colère de certains élus de la Seine-Saint-Denis, et Daniel Goldberg, député PS, déclarait alors : « sans encadrement légal strict, l’utilisation de drones risque de passer, tôt ou tard, d’un usage exceptionnel en cas de crise à un usage préventif permanent, renforçant ainsi la stigmatisation que ressentent ici les habitants. » Cet avertissement est devenu réalité avec l’arrêté du 11 avril dernier qui ouvre aux drones l’espace aérien français. La CNIL vient d’ailleurs de lancer une étude pour mesurer les risques qu’ils font peser sur nos libertés civiles. Mais la griserie collective à l’annonce du vol de Neuron – premier drone de combat européen – ne manquera pas d’étouffer ces velléités de régulation si elles ne sont pas relayées par une large mobilisation pour éviter l’abus de ces technologies. Ces derniers mois, le Congrès américain a été pris à parti par des ONG défendant les libertés civiles, en réaction au lobbying de certains députés en faveur d’une extension incontrôlée des drones destinés à faire exécuter les lois américaines (law enforcement).[4] En France, l’opinion publique prend à peine conscience du danger représenté par ces coucous métalliquement inoffensif. Mais attention, l’horloge de votre grand-mère pourrait bientôt rythmer les vols feutrés de vos fantasmes les plus sombres. Réveillons-nous avant d’être embarqués, à notre insu, dans un nouveau délire planétaire,  surpris à dire ces quelques mots, les yeux mi-clos, un soir d’hiver : « Alors, Big Brother, ça plane pour toi ? »

 

 

[1] Voir, dans le Journal Officiel, l’Arrêté du 11 avril 2012 relatif à la conception des aéronefs civils qui circulent sans aucune personne à bord, aux conditions de leur emploi et sur les capacités requises des personnes qui les utilisent. Sur le programme Technowest à Bordeaux, voir la tribune de Clément Rossignol, vice-président EELV de la Communauté Urbaine Bordeaux, sur http://verts-europe-ecologie-cub.fr/salon-drones-tribune-clement-rossignol/

[2] Réalisant là le vœu rétrospectif exprimé sur http://www.bakchich.info/international/2012/09/12/des-drones-dans-le-ciel-europeen-en-2016-61673

[3] Voir Mathieu Rigouste, « retour sur la bataille de Villiers-le-Bel », texte extrait de « Vengeance d’Etat – Villiers-le-Bel : des révoltes aux procès » édité en 2011 aux éditions Syllepse, et consultable sur http://www.infokiosques.net/

[4] Voir notamment le rapport de l’American Civil Liberties Union qui a servi de support aux revendications de différentes organisation : http://www.aclu.org/blog/tag/domestic-drones

De l´importance des flux d´informations dans les espaces maritimes

« Les échanges d’information, qu’ils soient professionnels ou personnels, ne cessent de croitre à un rythme exponentiel depuis les années quatre-vingt. Ces informations indispensables aux activités humaines passent dans des câbles sous-marins dont les réseaux couvrent aujourd’hui l’ensemble de la planète. Premier réseau mondial, les liaisons transatlantiques supportent chaque seconde plus de 1,3 Terabyte d’échanges d’information à travers les câbles transatlantiques en fibre optique installés sur les fonds marins. Les flux autour de l’Afrique ainsi que vers l’Asie se densifient donc rapidement. Leur protection devient dès lors capitale, car la rupture volontaire ou accidentelle de ces flux, et notamment des flux d’informations financières, présenterait des conséquences importantes sur l’économie mondiale. La maitrise et la protection de ces flux sont donc aussi stratégiques que la sécurisation des échanges commerciaux ou des flux d’énergies. »

https://www.ihedn.fr/sites/default/files/atoms/files/debasts-fonds-enjeux-espaces-maritimes-francais.pdf

« Les enjeux des espaces maritimes français » Par Gaëlle PETIT EV1 (R), Centre d’études supérieures de la marine (CESM), sous la direction du lieutenant-colonel Marie-Dominique Charlier, chef du bureau des études et de la recherche, à l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)

Sur la fuite des esclaves au 18e siècle

Phrase étonnante sous la plume de l’abbé Raynal que l’on considère parfois comme un des pères fondateurs de la théorie des races, loin d’être un « negrophile » donc. Le passage retranscrit ici serait en fait dû à l’intervention de Diderot dans l’édition de 1781, lui qui souhaitait corriger l’argumentation de l’Histoire philosophique des Deux Indes pour la rendre compatible avec la lutte anti-esclavagiste qu’il menait de concert.

Une chose est sûre, les négociateurs du Congrès de Vienne se souviendront de cette prophétie, avant d’abolir en février 1815, comme un seul homme, la traite (Atlantique) de l’esclavage:

« Ces éclairs annoncent la foudre, et il ne manque aux nègres qu’un chef assez courageux pour les conduire à la vengeance et au carnage. Où est-il, ce grand homme, que la nature doit à ses enfants vexés, opprimés, tourmentés ? où est-il ? il paraîtra, n’en doutons point, il se montrera, il lèvera l’étendard sacré de la liberté. Ce signal vénérable rassemblera autour de lui les compagnons de son infortune. Plus impétueux que les torrents, ils laisseront partout les traces ineffaçables de leur juste ressentiment. Espagnols, Portugais, Anglais, Français, Hollandais, tous leurs tyrans deviendront la proie du fer et de la flamme. Les champs américains s’enivreront avec transport d’un sang qu’ils attendaient depuis si longtemps, et les ossements de tant d’infortunés entassés depuis trois siècles tressailliront de joie. L’Ancien monde joindra ses applaudissements au Nouveau. Partout on bénira le nom du héros qui aura rétabli les droits de l’espèce humaine, partout on érigera des trophées à sa gloire. Alors disparaîtra le code noir, et que le code blanc sera terrible si le vainqueur ne consulte que le droit de représailles ! »

Raynal, Histoire philosophique des deux Indes, 1781 3e édition augmentée de la collaboration de Diderot, 1981, p.202-203, cité par Losurdo, La non-violence, une histoire démysthifiée, Delga, 2014