Recension dans la Vie des Idées: François Saint-Bonnet À l’épreuve du terrorisme. Les pouvoirs de l’État.

Comment faire peur à ceux qui ne craignent pas la mort ? Souvent adoptées dans l’urgence, les mesures gouvernementales sont dans l’ensemble inefficaces contre le terrorisme. Pour François Saint-Bonnet, l’État de droit doit bien plutôt réorganiser ses pouvoirs, et réaffirmer la séparation entre le civil et le militaire.

Recensé : François Saint-Bonnet, À l’épreuve du terrorisme. Les pouvoirs de l’État, Paris, Gallimard, 2017, 176 p., 18 €.

Cet ouvrage inscrit les réponses contemporaines face au terrorisme djihadiste dans l’histoire longue de la pensée politique. Le livre, et c’est là son originalité, combine enquête généalogique sur les logiques de guerre sainte et réflexion juridique sur l’organisation des pouvoirs de l’État face au terrorisme. L’intuition de l’auteur est que la prétendue nouveauté du terrorisme djihadiste nous empêche d’identifier les traits constitutifs de l’État moderne, qui ont pourtant permis à l’Europe de sortir des guerres de religion, notamment grâce aux transformations de l’État à partir des Lumières. Ces transformations seraient désormais devenues des obstacles dans la lutte contre le terrorisme, ce qui justifierait un retour aux formes originaires de la raison d’État. Le problème est clairement énoncé :

Que peut l’État de droit contre ceux qui ne respectent aucun droit ? Comment combattre, légalement, le terrorisme qui balaie toute forme de légalité ? Sommé de n’abandonner ni le respect des droits fondamentaux ni l’impératif de sécurité des citoyens, nos dirigeants doivent pourtant faire des choix. (p. 10)

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La réforme de l’article 35 de la Constitution de 1958

Ce texte est issu d’une journée de réflexion organisée le 24 novembre 2011 par l’Institut de Recherche Stratégique de l’Ecole Militaire:  Les engagements stratégiques français. Nouveaux regards. Éléments de réflexion pour l’actualisation du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale. Il a été publié dans le Laboratoire de l’IRSEM (n°2, p.71-76) et mis en ligne sur www.irsem.defense.gouv.fr/. En janvier 2013, l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès a accepté d’en faire une relecture critique et a amendé les propositions de réforme institutionnelle du texte original. Cet essai sera repris dans un article plus ambitieux sur l’évolution de l’organisation des pouvoirs diplomatiques et militaires dans la Constitution de 1958. Lire la suite