Émeric Crucé ou le pacifisme conservateur

Découverte d’Émeric Crucé (1590? – 1648) dans la Bibliothèque Nationale d’Autriche: il a notamment inspiré le juriste Thomas Balch qui publia une influente histoire des cours d’arbitrage en 1874 (notamment pour le Alabama Case). Élément crucial: il s’oppose directement à Jean Bodin qui vient de théoriser la souveraineté des États comme facteur de stabilité…au détriment des organisations fédérales comme la Suisse. C’est donc une découverte importante pour comprendre la genèse des organisations internationales et les critiques du concept d’équilibre des puissances. Car Crucé ne se contentait pas d’une paix négative, où l’équilibre des armées assurent un temps la tranquillité des esprits, mais aspirait à un état plus durable et plus fécond pour l’échange entre les cultures: « une paix qui rende à chacun ce qui lui appartient, le privilège au citoyen, l’hospitalité à l’étranger, et à tous indifféremment la liberté de voyage et de négociation » (p. 194)

 

Lire la suite

La Révolution Française: un gage de paix pour l’Europe?

A l’occasion du quarantième anniversaire de l’EHESS, j’étais invité les 18 et 19 juin 2015 à venir parler du concept du concept de « révolution » lors d’une journée d’études au croisement de la philosophie politique et des sciences sociales. Je profitai de cette occasion pour proposer une ré-interprétation audacieuse du Congrès de Vienne (1814-1815) en y voyant un accord « révolutionnaire » sur l’abolition de la traite de l’esclavage. Le texte de ma présentation s’écartait délibérément du style académique en déplaçant l’attention sur un débat diplomatique « mineur » qui révèle une des clés pour bien entendre ce que pouvait signifier le « Concert des Nations » après les guerres napoléoniennes. 

Gustav Klimt, Beethovens Frise,  Secessions Museum (Vienne) Détails

La Révolution française : un gage de paix pour l’Europe des Lumières ?

Lire la suite