Recension dans la Vie des Idées: François Saint-Bonnet À l’épreuve du terrorisme. Les pouvoirs de l’État.

Comment faire peur à ceux qui ne craignent pas la mort ? Souvent adoptées dans l’urgence, les mesures gouvernementales sont dans l’ensemble inefficaces contre le terrorisme. Pour François Saint-Bonnet, l’État de droit doit bien plutôt réorganiser ses pouvoirs, et réaffirmer la séparation entre le civil et le militaire.

Recensé : François Saint-Bonnet, À l’épreuve du terrorisme. Les pouvoirs de l’État, Paris, Gallimard, 2017, 176 p., 18 €.

Cet ouvrage inscrit les réponses contemporaines face au terrorisme djihadiste dans l’histoire longue de la pensée politique. Le livre, et c’est là son originalité, combine enquête généalogique sur les logiques de guerre sainte et réflexion juridique sur l’organisation des pouvoirs de l’État face au terrorisme. L’intuition de l’auteur est que la prétendue nouveauté du terrorisme djihadiste nous empêche d’identifier les traits constitutifs de l’État moderne, qui ont pourtant permis à l’Europe de sortir des guerres de religion, notamment grâce aux transformations de l’État à partir des Lumières. Ces transformations seraient désormais devenues des obstacles dans la lutte contre le terrorisme, ce qui justifierait un retour aux formes originaires de la raison d’État. Le problème est clairement énoncé :

Que peut l’État de droit contre ceux qui ne respectent aucun droit ? Comment combattre, légalement, le terrorisme qui balaie toute forme de légalité ? Sommé de n’abandonner ni le respect des droits fondamentaux ni l’impératif de sécurité des citoyens, nos dirigeants doivent pourtant faire des choix. (p. 10)

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Leveraging Humanitarian Law and Military Ethics as a hybrid warfare strategy

Résumé d’un papier présenté avec Stephanie Lamy à la Euro-ISME Annual Conference 2017 Royal Military Academy, Bruxelles, Belgique, 30 May – 2 June 2017 « Is restraint in war essential for a lasting peace?

« For the past six years, Syria and its allies have been waging a war on civilians and the civil society initiatives which emerged before and during the conflict. Described as “new wars” (Kaldor), this form of hybrid warfare combines state and non-state actors and blurs the traditional distinction not only  between combatants and noncombatants of Just War theory (McMahan) but also opens up new theaters of operations, using kinetic, economic and cognitive tactics. It is massively lethal to the population and underscores paradigm shifts for Military Ethics. By pushing back the limits of what horrors are ethically acceptable, the regime coalition forces (Russia, Iran, Syria) forced the United Nations to create a hierarchy of war crimes. The forced displacement seemed preferable to the possible massacre of the entire East Aleppo population. Imposing this compromise in humanitarian values undermines the legitimacy of the United Nations in the peace process as well as the very framework of Jus post bellum.

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